15.07.2008
Jahnice aux Nuits d'Afrique

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08:39 Publié dans Événements | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jahnice le sonneur, festival nuits d'Afrique, fanmi se fanmi
14.07.2008
Bien au-delà de 20 000 spectateurs au Festival haïtien
Alain Brunet
La Presse

Avant les pluies torrentielles d'hier, le Festival international de musique haïtienne avait d'ores et déjà attiré environ 18 000 spectateurs au parc Jean-Drapeau. Dans une ambiance paisible et un cadre familial convivial, une foule considérable est venue vibrer au son de toutes les musiques haïtiennes.
Même la pluie n'a pas empêché quelques milliers de festivaliers fervents d'assister à la série de concerts du festival, coiffée par la performance de Tabou Combo, qui célébrait hier 40 ans de konpa sous un ciel providentiellement dégagé. Le supergroupe était précédé par le chanteur Alan Cavé, qui fait dans le konpa love et le zouk love, une approche plus lascive que le konpa direct.
Voilà qui constitue de loin LA grande fête afro-montréalaise de l'année, présentée dans le cadre des Week-ends du monde, qui s'échelonneront tout l'été au parc Jean-Drapeau.
Hier et samedi, donc, les meilleurs groupes konpa et autres représentants des différents styles de musique haïtienne se sont succédé à un rythme d'enfer jusqu'aux alentours de 23 h.
En tout début de soirée, samedi, les Haïtiens de Montréal ont découvert BélO, un auteur-compositeur-interprète de Pétionville qui fait dans le raganga. Bien infusé dans la musique de l'île magique, ce mélange de reggae/soul n'a manifestement pas encore conquis l'ensemble de la communauté. Intrigués par cet artiste de Pétionville, qui a toutes les chances de déborder largement le cadre d'Haïti et sa diaspora, les spectateurs ont apprivoisé BélO sans lui réserver le même accueil qu'aux formations qui lui ont succédé, pour la plupart consacrées au konpa.
Nikel, Black Parents, Do-La, Kreyol La, T-Vice, Carimi et Djakout Mizik ont tour à tour embrasé le parc Jean-Drapeau avec les feux d'artifice en toile de fond. Les fans étaient carrément survoltés lorsque les trois dernières formations au programme ont balancé ce konpa nouvelle génération, beaucoup plus rapide et plus corrosif qu'en salle - la formule «bal» est plus sensuelle, alors que le konpa se rapproche d'une forme merengue-rock lorsqu'il est joué sur les grandes scènes extérieures.
D'autres genres musicaux d'Haïti ont aussi été joués au festival, notamment cette musique très antillaise des guitaristes Toto Laraque et Claude Marcelin. Bamboche Rasin a, pour sa part, repris un ensemble varié de rythmes sacrés (vaudous) et profanes, dans la lignée des formations comme Boukman Eksperyans - très en vogue dans les années 90.
Le puissant chanteur Steve K, lui, a offert une performance teintée de soul/R&B. Il précédait ainsi le guitariste et chanteur Harold Faustin, dont le style virtuose amalgame les musiques haïtiennes (vaudou, notamment), le jazz moderne ou même la soul/R&B.
Courtes performances
Au plan de la logistique, la seule critique qu'on doit adresser aux producteurs de ce très beau festival (Sakpase Montréal), c'est le trop grand nombre de groupes au programme, ce qui contraint ces derniers à donner des performances trop courtes - à peine plus d'une demi-heure. Enfin, une question demeure: un festival exclusivement haïtien, aussi bien organisé que celui de Montréal (troisième année d'existence sans entrave aucune), peut-il vraiment sortir de son cadre communautaire?
Sauf exception, seuls les proches des Haïtiens (amis, membres des familles par alliance, amateurs de musique antillaise) se sont rendus au parc Jean-Drapeau pour célébrer cette grande culture musicale, beaucoup plus diversifiée qu'on ne le croit.
Ronnie Dee, le plus célèbre des animateurs haïtiens de radio dans notre île, s'est adressé surtout en créole à l'auditoire, vu sa composition presque exclusivement haïtienne ou antillaise. Alors? Pour que l'on déborde du cadre communautaire, il faudrait une autre approche... qui ne serait plus strictement haïtienne. Et puisque les Nuits d'Afrique n'envisagent pas de fusion avec les manifestations qui lui font désormais concurrence, ce cadre communautaire risque de rester comme tel, aussi réussi soit-il.
Photo:Nationsoleil
20:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : festival musique haitienne montreal, tabou combo, harold faustin, alan cave, krezi mizik, bélo
30.06.2008
Réginald Policard - jazz pluriel à Montréal
Avec une semaine de retard
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Ce samedi 21 juin, alors que de l'autre côté de l'Atlantique, la fête de la musique battait son plein, Montréal accueillait pour la première fois en solo le mythique Réginald Policard. Dans le cadre convivial du Kola Note, les amateurs de jazz et de musique haïtienne ont assisté à un spectacle empli d'humour, d'esprit, de joie de vivre et de mélancolie tandis que Réginald accompagné de son groupe passait en revue plus d'une vingtaine de titres de son vaste répertoire dont plusieurs de son Détour (2006) précédant le virage amorcé avec Changing Moods, fraîchement sorti.
Bossa Nova, Swing, Smooth jazz, Blues… le tout mariné dans une bonne sauce latine, tout un cocktail rythmique que le maître de la mélodie a concocté pour ces fans montréalais et servi sur un plateau d'argent par les Productions Quat'Chimen qui amènent enfin un événement majeur de jazz créole de ce côté-ci du sous-continent.
Pour l'occasion, Réginald s'était bien entouré. En plus de son groupe habituel, le ô versatile Joël Widmaïer au chant et aux percussions, le génial Richard Barbot à la basse, Réginald s'est adjoint les services du jeune virtuose de la trompette, nouvelle sensation du jazz, Jean Caze, finaliste de l'édition 2007 du prestigieux Thelonious Monk International Jazz Trumpet Competition.
Chaque titre était une occasion de magnifier cette musique colorée, tellement passionnante et diverse qu'est le jazz. Les spectateurs ont ainsi surfé sur des vagues d'émotions tantôt festives, tantôt mélancoliques surpris par la dextérité, l'élégance, la classe et le professionnalisme de ces messieurs pétris de talents.
Festives étaient par exemple les émotions dans Yanvalou blue, ce titre contesté par la communauté jazz créole (voir le forum de Karijazz) que Réginald présente, sans doute en réponse à la controverse soulevée par sa publication, comme un cocktail de rythmes. Et aussi en trio dans Rivière froide de son précédent album (Détour) où les trois musiciens ont eu tout le loisir de s'illustrer dans des solos mémorables et aussi dans Let's have fun (Changing moods), une pièce très smooth jazz, un peu funk, très propice au jam. C'est d'ailleurs dans cet esprit que Réginald l'a composée.
Mais aussi mélancoliques dans la pièce traditionnelle Fèy et dans Deside w, toutes deux en version chantée par Joël, des interprétations toujours chargées d'intensité. Un Joël Widmaïer majestueux, soliste hors pair en chant, scat ou percussions, doué d'une grande capacité de coordination, jouissant de la musique comme en état de transe.
Pareil également dans Fantasme, qui évoque la nature et les piaillements d'oiseaux en liberté un après-midi d'été ou Minis Azaka, encore une version chantée ou Joël fait étalage de sa grande versatilité tant en tant que chanteur que de percussionniste.
Servi d'une sonorité impeccable, Réginald Policard, au fil des morceaux a montré une extraordinaire symbiose avec son instrument, égrenant les notes telles des gouttelettes de pluie tropicale rythmée par les Alizés. Toujours l'air grave à l'action, concentré, doué d'une grande générosité envers ses musiciens, son seul point faible réside dans la piètre qualité de sa communication avec le public compensée toutefois par son immense talent.
Jean Caze, que je voyais jouer live pour la première fois, m'a fortement impressionné. Sa discipline, sa présence décontractée sur scène et la justesse de son souffle sont autant de qualités qui lui garantiront à n'en point douter une florissante carrière dans le jazz mondial. Impeccable le Jean.
Sans avoir jamais touché à une basse de ma vie, j'ai toujours eu un faible pour cet instrument. Dans l'espace haïtien, on est quand même pourvu de quelques bons bassistes dont Joe et Philippe Charles, Fritz Pageot du groupe de Eddy Prophète, Adrien Legagneur ou Yves Albert Abel (Riyèl Jazz/Tabou Combo), tous très polyvalents qui valent bien les Richard Bona, Michel Alibo ou Thierry Fanfant de monde, question de rester dans les tropiques. Je peux dire sans craindre d'être démenti que Richard Barbot mérite aussi une place dans cette liste très restreinte mais pas limitative. Son toucher, son élégance, la force rythmique qui l'habite aussi bien que la finesse de son phrasé font de lui un bassiste aguerri.
Pour inaugurer cet été, le moment ne pouvait pas être mieux choisi pour apprécier, le temps d'une soirée, cette cohabitation parfaite, naturelle, de structures polyrythmiques complexes mais toujours accessibles, arrangées par l'un des plus prolifiques musiciens haïtiens, neuf albums en 20 ans de carrière en solo.
Réginald a conclu le spectacle avec sa version du fameux titre de Miles Davis, All Blues.
Sara Rénélik a assuré la première partie. Apprenez plus sur elle en consultant son Myspace
Bravo Réginald, bravo Quat'chimen.
Vallès Latry
Montréal
15:00 Publié dans Événements | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Réginald Policard, jean caze, richard barbot, joel widmaier, quatchimen, jazz creole, changing moods
23.06.2008
Mizik Mizik - Paradi nan lanfè
Huit ans après la sortie de leur très populaire album Blackawout, les joyeux drilles de Mizik Mizik, selon l'expression de Joe Dams, réinvestit la scène musicale avec un nouvel opus de 9 titres, Paradi nan lanfè à la pochette graphiquement bien réussie, mais minimaliste, aucune photo du groupe à l'intérieur, pas de textes des chansons et sur le dessus, rien que le visage de cette fille au sourire de Tanya St-Val.

Bref, Mizik Mizik à l'instar de Zenglen n'y échappe pas. En tout cinq titres sur huit, si on exclut la meringue carnavalesque, sont à saveur romantique. Le konpa livre en ce sens une furieuse compétition au Zouk.
Deuxième remarque, Paradi nan lanfè est un album collaboratif qui combine les talents de parolier et de compositeur des trois ténors du groupe et de Bellande Jacquet (Choupite), dynamique percussionniste (cloche), détenteur de la marque déposée de Mizik Mizik avec ses breaks percutants et une présence unique sur scène. Deux titres donc coécrits par Choupite et cinq par Kéké Bélizaire. Pour le reste, Fabrice Rouzier et Eric Charles cosignent à un titre ou à un autre toutes les pièces de l'album.
Les textes sont d'inégale qualité et comme on pouvait s'y attendre, ceux qui parlent d'amour sont les moins intéressants. Il me semble que dans le konpa, tout a été dit sur ce sujet et les auteurs éprouvent de plus en plus de mal à faire preuve d'originalité. Pour les jeunes auteurs, c'est devenu une périlleuse épreuve. Gilbert Ravix s'est essayé et a piteusement échoué. D'ailleurs, si ce jeune recru du groupe a un quelconque talent, j'attends encore de le découvrir.
Chavire, le premier titre qu'il chante sur l'album, un zouk qui tournait sur les ondes depuis plusieurs mois, n'a strictement aucun intérêt. Je m'étonne même que le groupe l'ait offert en l'état. Ah oui, je crois savoir pourquoi, sur le Net, c'était quand même bien reçu. L'autre performance de Ravix, Pa gen rezon, un twoubakonpa, a été dépouillée de sa saveur du fait de cette voix disgracieuse qui lasse et gâche au final la belle orchestration de la pièce. Skip. Double Skip en fait car ce carnaval me fâche, il m'a tout l'air d'être du remplissage sur un cd somme toute de 9 titres seulement.
Bref, après ces coups de gueule, les coups de cœur, trois en particulier. D'abord, la pièce d'ouverture de l'album, Mal qui fustige les fauteurs de troubles, ceux qui tiennent ce pays en otage. Eric Charles les exhorte à baisser les armes et à faire la paix les prévenant au passage de l'effet boomerang de leurs méfaits. Un konpa solide qui débute tout en douceur telle une marche et prend peu à peu de la vigueur. Rien de superflu dans cette chanson fortement ancrée dans la tradition Mizik Mizik et qui donne le ton à cet album qu'on voudrait plus revendicatif.
Puis, La vi ka bèl, cosigné par Eric et Fabrice. Ce titre s'inscrit dans la même veine que le précédent. Un appel à l'unité afin de redonner à Haiti son lustre perdu. L'orchestration est excellente, l'ajout de la guitare acoustique de Mika Benjamin est simplement rafraichissant et donne une saveur particulièrement agréable à cette pièce agrémentée de beaux chœurs par ailleurs.
Enfin, Nou la, une autre collaboration Fabrice/Eric. Le Mizik Mizik de l'album De Ger revit l'espace de quelques minutes. Du panache et beaucoup de punch dans cette chanson dont le texte est somme toute banal, un Choupite des grands jours rythmant la chanson avec adresse sans jamais verser dans la démesure et un beau dialogue Fabrice/Kéké qui trouve là une rare occasion de montrer sa versatilité coutumière. Mention spéciale pour l'arrangement des cuivres qui sont introduits en douceur après le solo de Kéké. Et même un clin d'œil à la cadance Rampa de Wébert Sicot. Très bien inspiré.
Moins spectaculaires, mais tout aussi appréciables, Paradi nan lanfè et Ranmase konpa. Deux titres de factures différentes qui définissent d'ailleurs l'unicité de cet album.
Le premier qui donne aussi son titre à l'abum, une belle intro, un konpa love dans la lignée des Webè et Lè n ap fè lanmou où Eric Charles donne toute la mesure de son talent. Et le second, un konpa up-tempo, style danse ploge (De ger) qui rend un hommage bien mérité aux artisans du konpa. Ce titre fera sans aucun les délices des festivaliers déchainés. Attendons voir.
En guise de conclusion
En écoutant l'album la première fois, on est surpris des variétés de tons et d'approches que le groupe nous sert. D'une pièce à l'autre, la tonalité est diverse et variée, un konpa multicolore, multiforme qui préjuge de la maitrise des musiciens de leur élément. D'ailleurs, Mizik Mizik a pu compter sur de grosses pointures du konpa notamment au niveau de la section rythmique, Yves Albert Abel (Tabou Combo/Riyèl) à la basse sur plusieurs pièces et Shedly Abraham (Djazz la) à la batterie. Il en est de même pour la section cuivre soutenue par l'expérimentée équipe de Magnum Band, on nomme ici le fabuleux trompettiste André Déjean, le saxophoniste Paul Hennegan et le tromboniste John Normandin.
Un bémol cependant, le concept de l'album, riche d'un point de vue rythmique et même harmonique, limite les ardeurs individuelles. Personne n'a voulu prendre de risque sur cet opus, le mouvement d'ensemble et la mesure étant les consignes clé. Ce qui est dommage lorsqu'on considère le talent de la plupart de ceux qui en sont les artisans. Les solos de Fabrice sont plutôt ordinaires, peu accrocheurs même en ayant eu recours à profusion à la polyphonie. Kéké a pris peu de place sur l'album, délaissant les solos et les effets pour privilégier un travail de base style guitare rythmique, utile cependant.
De ce point de vue, dans un konpa plutôt neutre où les véritables talents sont plutôt rares, Mizik Mizik s'est privé d'une belle occasion de s'affirmer davantage. Il demeure somme toute que cet album est l'un des meilleurs cd konpa produits ces dernières années.
Vallès Latry
juin 2008
10:55 Publié dans Revues de disques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Mizik Mizik, paradi nan lanfè, farbrice rouzier, Clément keke bélizaire, Marc Choupite bellande, gilbert ravix, mika
14.06.2008
FANMI SE FANMI

Source Jahnice

14:50 Publié dans Événements | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jahnice, pasa muzik, wes'li Band, namori, omegadom
























