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Liitérature | Publication - 17 août 2010

Jean-Claude Martineau, à l'heure du roman et de l'essai

Le compositeur, parolier, conteur,  dramaturge Jean Claude Martineau, dit Koralen, s'apprête à faire paraître un roman, intitulé « Le serment des Aradas ». Hanté par les malheurs de son pays d'origine, il projette du même coup de publier « Haïti en six leçons », un essai rassemblant les réflexions de l'auteur de « Flè dizè » sur l'histoire haïtienne. Ces deux ouvrages, écrits lors du séjour de leur auteur aux Etats-Unis, sont traduits de l'anglais au français.
« Le serment des Aradas » appartient à la catégorie de roman historique. Avec un talent consommé, il parle de l'amitié de deux enfants de la tribu des Aradas : Bambolo et Enguele. Ceux-ci ont été « kidnappés », puis emmenés à Saint Domingue (ancienne colonie francaise devenue plus tard Haïti), pour y être vendus et placés en esclavage. L'un des deux enfants vendus va être racheté par Toussaint Louverture, qui en fera son protégé. L'autre deviendra quinze ans plus tard le griot de la tribu des Aradas, dont il perpétuera les valeurs ancestrales sur l'île coloniale. Lors d'un autre raid, le griot a été conduit à Arcachaie, le 18 mai 1803, le jour de la création du Bicolore.
Ce roman, « Le serment des Aradas », contrairement aux attentes des lecteurs, ne s'inscrit pas dans le mouvement indigéniste ni dans celui de la négritude, selon l'auteur Jean-Claude Martineau. « C'est une histoire romancée où il y a des personnages historiques, réels, comme Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe. A ces personnages se joignent des personnages fictifs », a-t-il précisé.

« En écrivant ce roman, je veux rendre potable l'histoire d'Haïti, en l'expliquant à ceux qui ne sont pas des férus », a expliqué Jean-Claude Martineau. En outre, Jean-Claude Martineau signe quelques contes où dominent le merveilleux et le fantastique : « Galipot », « Baka », « Medsiyen » « Simbi nan dlo ». On y découvre un créateur à la voix grave et captivante, apesantie par toute la douleur d'un peuple aux abois. Un auteur séduisant.
Jean-Claude Martineau compte une trentaine de chansons inédites, les unes plus chaleureuses que les autres. Certaines sont écrites en créole, d'autres en français et anglais. Avec une fougue étonnante et une ouverture d'esprit exemplaire, il a composé huit chansons pour Renette Désir, qui seront gravées sur le prochain album de cette talentueuse chanteuse.

Au Canada, Jean-Claude Martineau coanime « Paroles d'Haïtiens », une émission-débats diffusée sur les antennes de CPAM, une radio de la communauté internationale. Le 25 juillet dernier, il a réalisé un spectacle avec la chanteuse Cornelia Schütt-Richard, dit TiCorn, au Théâtre Telus, à Montréal, dans le cadre de la quatrième édition du festival Haïti en folie. À l'initiative du consulat d'Haïti à Montréal, Jean-Claude Martineau a été en concert avec la diva Carole Demesmin, au Gesu, à Montréal. Un concert qui visait à marquer leurs trente années de collaboration dans la musique. En effet, Jean-Claude Martineau compose pour Carole Demesmin de nombreuses chansons, dont certaines ont fait la réputation de cette grande voix de la musique haïtienne. En témoigne « Mawoule », cette célèbre composition, qui lui est attribuée comme surnom.

Remarquables réussites, les oeuvres musicales de Jean-Claude Martineau qui s'inspirent du folklore sont de première importance tant par leur facture poétique des textes que par leurs mélodies envoûtantes. « Mawoule », « Lumane Casimir » « Drapo pa'm », pour ne citer que celles-là, figurent parmi les compositions les plus célèbres de Jean-Claude Martineau dont le plus grand mérite est de savoir mettre en relief sa prodigieuse mémoire «Lè na libere Ayiti va bèl», interprétée par Farah Juste, l'inscrit dans la catégorie de compositeur engagé. Les textes de Jean-Claude Martineau reflètent la dimension narrative et poétique. On dirait des contes mis en musique.

Enjoué, nostalgique, facétieux, Jean-Claude Martineau est une des figures importantes dans la création musicale et littéraire haïtienne. Son oeuvre est façonnée par l'imaginaire collectif haïtien, l'histoire et le folklore haïtien d'où il tire certains de ses sujets et personnages. Elle témoigne d'un style élaboré, et d'une poésie pleine d'images référentielles et porteuses d'émotions et de charge sociale.

Chenald Augustin

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Photo: Vallès Latry             


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