Festival | Haiti en folie - 8 juillet 2010
Haïti en folie 2010... tout un programme

À ses débuts en 2007, personne n’aurait parié sur la longévité de cet événement qui est arrivé sans grand bruit dans le paysage festivalier montréalais tant il avait l’allure d’un coup de tête, un caprice ou tout au plus un coup de pub pour vendre une fois pour toutes le festival du film haïtien à la communauté montréalaise. Mais deux fois, trois fois et quatre fois, il est revenu, chaque fois avec plus d’assurance et en se taillant peu à peu une identité que même les plus sceptiques finissent par lui reconnaitre.
L’an dernier par exemple, la Fondation Fabienne Colas, initiatrice de l’événement, a pris tout le monde par surprise en osant programmer l’espace d’une fin de semaine ou presque entres autres Manno Charlemagne dans un spectacle intimiste à souhait, Boukman Eksperyans qui peinait à vendre son nouveau style certes, mais quand même drapé de leur gloire passée et le surprenant «Pawòl chouchoun» mis en scène par Florence Jean-Louis Dupuis d’après la pièce originale d’Eve Ensler, les monologues du vagin (1996). Fallait le faire, car c’est tellement plus aisé de singer les autres et de verser dans le populaire.
Cette quatrième édition confirme donc s’il en était besoin la portée hautement culturelle de ce festival qui nourrit de grandes prétentions notamment celle d’offrir la culture haïtienne selon une perspective diverse et plurielle en plus d’augmenter l’offre culturelle dans une métropole montréalaise de plus en plus mosaïque et métissée.
Pour la communauté haïtienne de Montréal, Haïti en folie est également dans un contexte de sollicitations culturelles délirantes, une halte nécessaire pour se recentrer, se renouveler et tenter de recoller les lambeaux d’une identité déjà ténue. Les jeunes générations incluant beaucoup de trentenaires – je le constate régulièrement autour de moi - ne connaissent pas Boulo Valcourt, Manno Charlemagne et encore moins Ti Corn, moins médiatisée, Toto Bissainthe qui, malgré une carrière internationale enviable est méconnue de plusieurs de nos nationaux et Frankétienne qui est déjà d’une autre planète. La situation est encore plus dramatique chez les communautés vivant en diaspora. En ce sens, Haïti en folie se dédie à un rôle de mémoire et se démarque des événements habituels qui ont lieu dans notre communauté autant par sa constance, son contenu et sa personnalité en devenir.
Vallès Latry
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Programmation de l’édition 2010
