16.09.2008
Entrevue avec Sophia Désir, la polyvalente
À la veille du lancement de la 4ème édition du Festival international du film haitien de Montréal, Nationsoleil rencontre une forte tête du showbiz haitien, Sophia Désir. Femme de radio, femme des écrans, femme de plume, Sophia Désir est en somme une femme polyvalente. Dernière initiative culturelle en date, Minuit, son premier scénario après VIP est porté à l'écran par l'actrice et femme d'affaires Fabienne Colas.
Des coulisses des stations de radio de la ville des Cayes jusqu'aux écrans de Montréal, retour sur un riche parcours, des détails sur ses motivations, ses opinions sur le cinéma haitien et tout ce qu'il faut savoir sur Minuit.
Reproduction intégrale de cette entrevue exclusive avec Nationsoleil.
Veux-tu nous parler un peu de ton parcours Sophia?
Je te dirai que depuis l’enfance, j’ai manifesté un certain intérêt pour la communication. J’adorais écouter la radio, et il semble que je piquais des crises quand je ratais l’occasion de réciter des poèmes aux émissions pour enfants. A l’adolescence, j’étais déjà dans les coulisses des stations de radio des Cayes. Je ne sais pas comment j’ai fait, mais j’ai réussi à mettre un premier feuilleton « Pile ou Face » sur les ondes. Ma matière préférée à l’école était la rédaction. Mes textes d’imagination étaient toujours un peu longs…Et quand, en classe, il y avait des lectures à faire à haute voix, j’étais la première à me proposer. Personne ne s’est donc étonné quand j’ai opté pour la communication à la Faculté des Sciences Humaines. Dès la deuxième année, une porte s’est ouverte pour moi à la radio : Tropic FM, une jeune station qui avait su se distinguer au début des années 90. Je présentais les nouvelles et je co-animais une émission de variétés « La jungle tropicale ». Travailler aux cotés de feu Master G était à la fois un véritable honneur et un pur bonheur. En 94, la grande aventure commence avec Radio Métropole. Je me retrouve au journal du matin entre Clarens Renois et Rotchild Francois Junior, deux journalistes qui se passent de présentation au niveau de la presse haïtienne. Dans l’équipe du matin, on compte aussi Gilbert Fombrun, Kesner Pharel et à ce moment là, Bob Lemoine. C’était quelque chose de faire partie de cette équipe! A Métropole, je côtoie des artistes qui avaient été mes idoles : Joël Widmaier, Smoye Noisy…pour ne citer que ceux-là. Et un beau matin, en 2001, j’ose parler de mon projet de faire un feuilleton. Et devinez quoi! Tout le monde décide de me faire confiance et d’embarquer avec moi dans VIP : Vanité, Intrigues, Passions. Lancé le 8 Octobre 2001, le feuilleton allait durer pas moins de quatre ans. Ca c’est pour la radio.
Maintenant pour ce qu’il s’agit du cinéma, tout d’abord sache que je ne me considère absolument pas comme une femme des écrans. De la première saison de VIP, Réginald Lubin, acteur du feuilleton et réalisateur, a voulu tirer un film. J’ai fait le projet avec lui et comme c’était une adaptation de mon feuilleton, que les mêmes acteurs étaient retenus…bon, j’y étais, j’y restais. Auparavant, j’avais fait une apparition dans le film « Millionnaire par erreur » écrit par Smoye Noisy également acteur de VIP. Mais c’était juste une petite participation amicale…
Enfin, coté publication, en 2004, j’ai signé un recueil de nouvelles « Une voix dans la nuit » suivi d’un roman « Le meilleur vient parfois du pire » en 2007.
Comme la plupart de tes pairs qui débarquent ici, on s'attendrait à te retrouver à la radio, as-tu perdu de l'intérêt pour ce médium?
C’est drôle, moi, je ne m’y attendais pas.(Rire) En fait, la radio a toujours été une activité secondaire pour moi. En Haïti, j’avais toujours un travail à temps plein entre 9 et 17 heures et la radio, c’était tôt le matin et/ou le soir et les fins de semaine. Pendant des années, j’ai eu des rubriques historiques diffusées quotidiennement, Le passé au présent et Les célébrités de l’histoire mais je préparais tout, le soir (je devrais dire la nuit) et le samedi, j’enregistrais pour toute la semaine.
Comment définis-tu ton travail en tant qu'actrice et scénariste?
Un passe-temps. Mon passe-temps favori.
On a la vague impression que tu exerces tes nombreux talents en dilettante, est-ce parce que tu ne crois pas que l'on puisse vivre de son art dans l'espace haïtien(j'utilise ce terme pour qualifier Haïti et sa diaspora)?
Je suppose que oui, on peut vivre de son art. Il y a bien des gens qui y arrivent. Mais moi, je n’ai pas encore trouvé la formule pour le faire. Pourtant, j’aimerais bien. Alors, si par hasard, tu tombes sur la recette, je te prie de partager avec moi.(rire)
En deux occasions, tu as été à la fois scénariste et actrice sur un plateau que tu ne dirigeais pas, comment gères-tu la collaboration avec le réalisateur/la réalisatrice?
Les scénaristes ont la mauvaise réputation d’être casse-pied sur un plateau de tournage. Je devine aisément pourquoi…On aimerait que les réalisateurs concrétisent exactement ce qu’on avait en tête en créant les personnages. Mais les réalisateurs ont parfois – souvent même – des idées différentes. J’ai appris à l’accepter et les deux fois, j’ai laissé aux réalisateurs le privilège de trancher. (Entre nous, c’est pas toujours évident).
Est-il important que tu joues dans les histoires que tu écris?
Important, je ne dirais pas. Mais c’est un plaisir.
Est-ce qu'un jour, on verra Sophia Désir en réalisatrice?
Très peu pour moi. Ce que j’aime, c’est inventer des histoires et écrire des dialogues…

Parles-nous un peu de l'écriture de VIP, le feuilleton, est-ce que tout était défini dans ta tête et tu savais exactement où tu t'en allais, ou tu as adopté une démarche plus classique (à la Mona Guérin)?
Même si j’étais une fan inconditionnelle de Roye les voilà, je n’ai aucune idée de la façon dont procédait Mona Guérin. Moi, j’écrivais au jour le jour. Mais j’essayais de me donner une certaine avance. Par exemple avant de lancer une saison, je voulais avoir au moins une vingtaine d’épisodes écrits et au moins douze, enregistrés et montés. Mais douze épisodes, c’est seulement un mois de diffusion à raison de trois par semaine. Je partais pour deux semaines et je perdais mon avance…Pour ce qu’il s’agit de l’évolution de l’histoire en elle-même, non, tout n’était pas défini dans ma tête. Évidemment, j’avais des idées, j’avais des plans pour les personnages mais parfois, tout changeait en cours de route. Tu sais, parfois un acteur n’était pas disponible à un moment ou j’en avais le plus besoin. Alors, il fallait (c’est une des rares choses que je détestais vraiment) revoir les épisodes de la période. Avancer telle intrigue, reculer ou annuler telle autre.
Comment es-tu parvenue à réunir toutes ces grandes figures autour d'un projet comme VIP? Quel a été l'élément motivateur?
J’ai eu la chance de me retrouver dans un milieu avec plein de gens bourrés de talents et qui avaient envie de s’amuser. Car avant tout, le feuilleton VIP était une détente, pour moi, pour les acteurs et pour ceux qui nous écoutaient. Honnêtement, je n’ai pas eu beaucoup d’efforts à consentir pour monter cette formidable équipe. J’ai abordé timidement les acteurs et ils m’on tous offert un accueil sans réserve. Tout le monde a décidé – Dieu seul sait pourquoi – de me faire confiance. Je m’en étonne aujourd’hui encore. Ils me connaissaient comme présentatrice de nouvelles pas comme auteur. Je m’attendais donc à ce qu’ils soient réticents, qu’ils me posent plein de questions sur les personnages qu’ils devaient incarner, ou qu’ils exigent un cachet. Mais rien de tout ça. Ils ont en majorité accepté avant même d’avoir lu un seul épisode du feuilleton. Et personne n’avait la garantie de recevoir ne serait-ce qu’un sou. Notre seule motivation a été de se mettre ensemble pour s’amuser et amuser le public. Évidemment, parfois, il y avait des moments dramatiques, on faisait pleurer des auditeurs. Dans certaines scènes, parfois les acteurs eux-mêmes étaient réellement touchés par le drame de tel personnage. J’ai même un acteur avec une sensiblerie incroyable – je lui fais grâce de ne pas citer son nom – qui pleurait pour de vrai. Mais en général, on rigolait. Et c’est surtout cet aspect amusant qui nous motivait
VIP, le film est considéré par plus d'un comme une œuvre plutôt élitiste où la part de fiction dépasse largement la part de réalité, est-ce une image juste du film que tu as écrit?
Pour sûr, c’est une fiction. Je n’ai jamais ressenti la nécessité de reproduire la réalité bien que mes personnages n’avaient rien d’extra-terrestre. Je n’y peux rien si certains s’amusent à croire qu’en Haïti, il n’y a pas de femmes ambitieuses comme Martine Delarue, de patrons qui abusent de leur autorité comme Grégory Blaise, de jeunes filles qui se retrouvent maîtresse d’un homme sans le savoir comme Laura Bertrand, d’homme déchiré entre une femme et une maitresse comme Didier Delarue…Moi, je peux vous garantir que je n’ai pas été chercher mon inspiration sur la lune mais bien en Haïti. Quant à l’adjectif « élitiste » que tu as utilisé…Je te dirai simplement que la misère ne m’interpelle pas. L’écriture pour moi est avant tout, une détente. Et la détente, c’est ce que je veux offrir au public. C’est mon choix et je trouve désolant d’avoir souvent à le justifier. A l’époque de VIP, je travaillais comme journaliste et je devais rapporter quotidiennement des drames : violence, misère, famine, catastrophes naturelles et tout le reste. Je souffrais, je souffre encore suffisamment de cette dure réalité pour ne pas éprouver le besoin de la reproduire dans ce que j’écris.
Suite aux critiques faites autour du film, qu'est-ce que tu changerais aujourd'hui si tu pouvais recommencer?
Je sacrifierais certains personnages pour ne développer qu’une seule intrigue. Mais, vous savez, VIP, c’était comme une grande famille dont la cellule principale était composée de neuf acteurs (Ceux qui ont traversé les quatre saisons) Même si certains d’entre eux étaient plus populaires que d’autres, moi, je les ai traités à égalité. Il n’y avait pas une super vedette dans l’équipe. Telle semaine, un acteur était en vedette. Telle autre semaine, on ne l’entendait même pas. Ça roulait entre eux. Alors, quand il a fallu passer des ondes à l’écran, j’ai voulu embarquer tout le monde…
Mais puisqu’on parle de critiques, la chose la plus stupide que j’ai entendu à propos de VIP c’est que des gens trouvaient irréaliste que le film soit en grande partie en Français. Jusqu’à preuve du contraire, Haïti a deux langues officielles qui sont le créole et le Français, alors de quoi parlons-nous exactement? Je ne trouve rien d’anormal au fait que les films Haïtiens produits aux Etats-Unis se déroulent en partie en Anglais. Ca me parait très logique puisqu’aux États-Unis on parle Anglais. Pourquoi est-ce si difficile de concevoir qu’en Haïti on s’exprime en Français et/ou en Créole?
Est-ce qu'une suite de VIP te tente des fois?
Tu veux dire une suite du film? Ça non. Mais des fois, oui, j’aimerais continuer le feuilleton. Ou, pour être plus réaliste, créer un autre feuilleton…

Comment est né le projet?
Une idée comme une autre qui m’est passée par la tête.
Qu'est-ce que tu veux montrer avec Minuit? Dans quelle catégorie le classerais-tu? Drame sentimental, drame social, comédie…
Comme toujours, quand j’écris, mon objectif est de détendre. Je ne cherche pas à prouver quoi que ce soit. Le scénario était une comédie dramatique mais une grosse part du coté comédie est partie au montage…
Qu'est-ce qu'on apprend du vaudou à travers ce film?
Écoute, le film est une FICTION et une pure. Je n’ai absolument pas la prétention d’éduquer qui que ce soit dans un domaine dont je ne sais pas grand-chose. Je sais comme tout le monde qu’il y a des loas, et que ces loas auraient certains pouvoirs. J’ai entendu mille histoires ou des gens étaient possédés par ces loas. Je sais que quand certaines personnes tombent malades et que les médecins les condamnent, elles se tournent vers le vodou. Comme tout enfant, j’ai dû me faire dire une ou deux fois qu’il fallait respecter telle femme ou tel homme qui était un « loup garou ». J’ai entendu dire comme tout le monde que l’on peut jeter un mauvais sort à quelqu’un à travers le vodou. J’ai ouïe dire que l’on peut zombifier un être humain, le transformer en animal, ou mettre son âme dans une bouteille. Si ma mémoire est bonne, il y avait même dans la ville des Cayes où j’ai grandi, un célèbre sans-abri qu’on disait être un zombi qu’on appelait Emmanuel. Il y a eu tout un scandale dans la ville au sujet d’un jeune homme dénommé Mario qui aurait ressuscité après avoir passé je ne sais plus combien de jours sous terre. Qu’est-ce qui est vrai? Qu’est-ce qui est faux? J’en sais quasiment rien. Mais je trouve que ca donne des frissons. Alors, je me suis inspirée un peu de tout ce que j’ai entendu pour inventer une histoire.
Était-il nécessaire que tu fasses des recherches particulières sur le vaudou pour écrire cette histoire?
Non. MINUIT n’est pas un documentaire. Et je voudrais vraiment insister la dessus, c’est une FICTION. Tout est sorti de mon imagination. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des histoires réelles ne serait que pure coïncidence. (rire)
Minuit, est-ce un film identitaire qui dit à l'Haïtien qui il est ou un film qui questionne sur la réalité du vaudou?
Y-a-t-il une seule identité haïtienne? Personnellement, je crois qu’il y en a plusieurs. Certains Haïtiens s’y retrouveront. D’autres pas.
Est-ce le genre de film qui montre un portrait caricatural du vaudou ou étais-tu animée d'un souci d'authenticité dans ton histoire.
L’image qu’on aura du vodou en voyant Minuit est certainement plus caricaturale que toute autre chose. Mais j’ai quand même essayé d’avoir une histoire qui, dans l’ensemble, tienne la route. Une femme qui a un fils condamné par la médecine et qui s’en remet au vodou…Sa démarche de vouloir mettre l’âme de son fils dans un autre corps est-elle possible dans la vraie vie? La réponse n’est pas vraiment importante pour moi. Quand je regarde deux hommes en équilibre sur les ailes d’un avion en plein vol, je ne me demande pas si c’est possible. Quand une seule personne désarmée arrive à dérouter une dizaine d’autres armées de mitraillettes, je ne me dis pas que ce n’est pas crédible. Je sais que je suis au cinéma et je savoure mon film. Quand je passe deux heures dans une salle de cinéma, j’accepte d’entrer dans un monde. C’est tout ce que j’attends de ceux qui verront ce film.

Je la définis comme une réalisatrice ouverte et patiente. En fait, il s’agit de sa première réalisation. Donc, je devinais ses qualités mais je ne connaissais pas vraiment ses qualifications avant d’avoir travaillé avec elle. Par contre, je peux te dire sans aucune hésitation qu’elle était la mieux placée pour diriger ce projet. D’ailleurs, elle s’y est investie corps et âme. Son travail ne se limitait pas à la réalisation. Il lui a fallu coordonner plein de choses en même temps. Je salue ici son dévouement.
Est-ce que vous êtes restés collés au scénario original ou vous vous êtes donnés quelques libertés au fil du tournage?
Il y a eu de grands changements.
Le rôle que tu joues dans Minuit, te l'as-tu attribué toi-même ou était-ce une décision de la réalisatrice?
Fabienne et moi, on s’est entendu là-dessus.
Opinions
Cinéma d'auteur, cinéma militant, cinéma populaire… ce sont des termes souvent utilisés dans le jugement porté sur le cinéma du sud. Si tu devais définir notre cinéma, quelle serait sa position parmi tous ces termes?
Je dirais d’auteur.
Les problèmes ne manquent pas dans le cinéma haïtien: irresponsabilités des artisans, amateurisme, défaut de financement… tout le monde s'entend sur le fait qu'il faut mettre de l'ordre dans tout ça. Par quoi tu commencerais si tu avais le pouvoir de réguler les choses?
Le cinéma haïtien est à l’image du pays. Tout est prioritaire. Il faudrait aborder tous les problèmes tout de suite.
Est-il important qu'un film haïtien traite d'une thématique haïtienne?
Absolument pas. Mais comme Hollywood se charge de produire tant de films sur tous les sujets universels et que l’haïtien aimerait bien se voir à l’écran, il me semble judicieux que le cinéma haïtien s’intéresse autant que possible à Haïti.
Merci Sophia
Entrevue réalisée par Vallès Latry
Note: Sophia pense actuellement à publier son deuxième roman. Nationsoleil reviendra avec des détails.
Minuit sera projetté en première mondiale le 17 septembre au Centre Leonardo Da Vinci de St-Léonard à l'occasion du lancement de la 4ème édition du FIFHM.
Le film met en vedette Fabienne Colas aux côtés de Ralph Prophète, Yanick Dutelly, Sophia Désir, Natacha Noël, Rony Bastien, Emile Castonguay et Sara Rénélik.
Photos: Site Alessandra Lemoine, FIFHM,Nationsoleil.
18:35 Publié dans Entrevues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fabienne Colas, Ralph Prophete, yannick Dutelly, Sara Renelik, festival film haitien, natacha noel, minuit
11.09.2008
Jean-Claude Hyppolite - le conte ressuscité
Note: Mettre le jukebox sur pause pour écouter l'entrevue ou basculez sur la page Youtube de Nationsoleil

Joujou Turenne.
Un nom vient pourtant de s'ajouter à ce club restreint, celui de Jean-Claude - un autre - Hyppolite.
Jeune, on était tous fascinés par les histoires littéralement captivantes de Sixto. On a tous à un moment ou à un autre fait usage de l’une de ses expressions ou imité ce timbre de voix particulier qui s’invitait dans nos foyers le dimanche après-midi. Mais Ti Popo en fera une passion. De rencontres de clubs socio-culturels en scènes de théâtre, il n’aura de cesse de s’exercer, étonnant son entourage par sa surprenante capacité d’inventer des histoires, de les habiller de mille couleurs.
Puis, encouragés par des amis qui lui reconnaissent divers talents, cet agronome de formation, se mettra dès 2002 à composer des textes qui aujourd’hui sont gravés sur son premier album, Contes et faits vécus publié en 2007.
Jean-Claude Hyppolite ressuscite à travers des textes comme Arila, Orami, Manzè Iramèn…. un genre moribond qui peine à susciter l’intérêt des jeunes en quête d’un moyen d’expression.
Tous les ingrédients sont là, la voix, la plume, le sens social, l’humour et le savoir théorique nécessaire pour faire de lui une relève valable de la génération non renouvelée évoquée plus haut.
Disponible, sympathique, détendu, Nationsoleil a rencontré ce passionné de l’art qui complète actuellement une maitrise en Environnement à l’université de Montréal. Il nous parle de son parcours, de son album, de ses projets et de ses rêves.
Voici l’entrevue vidéo.
Pour contacter Jean-Claude : jeaclhyp@netscape.net
Vallès Latry
22:00 Publié dans Entrevues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conte, haiti, koralen, Jean-Claude Martineau, Maurice Sixto, Mimi Barthelemy, Joujou Turenne
02.06.2008
En tête à tête avec Emeline Michel
EXCLUSIVITÉ

Nous avons eu le plaisir de rencontrer cette semaine la reine de la chanson créole, Emeline Michel, à la vielle du lancement officiel de son nouvel album dont la sortie internationale s’est effectuée entre novembre et décembre 2007 entre Haïti (Musique en folie) et les États-Unis (New York, Miami). La présentation de Montréal, on se le rappelle, initialement prévue en décembre dernier, a dû être reportée à cause des mauvaises conditions météorologiques.
Dans cette entrevue exclusive, Emeline nous parle amplement de ses débuts depuis les jams improvisés avec les Beetov et Loulou sous le manguier de chez Manmie Miche , à la rencontre avec Ralph Boncy et de la façon dont s’est décidée la collaboration avec celui qui allait s’occuper de sa carrière sur une décennie ou presque.
Elle nous donne avec moult détails sa définition de la musique, du choix de ses musiciens et du traitement qu'elle leur réserve, du choix de ses titres sur scène et aussi de sa fierté de pouvoir vivre de son art.
Elle nous parle de création musicale, de production et de contrats de disques et aussi de ses futurs vingt cinq ans de scène.
Une entrevue exclusive où on découvre peu à peu une dame, oui c'est le mot, d'une grande générosité, toute simple, qui ne se prend pas au sérieux, qui s’ouvre tranquillement comme seuls savent le faire les gens doués d’une grande humilité.
VL
Première partie
Deuxième partie
Troisième partie
08:40 Publié dans Entrevues, Musique, Section Emeline Michel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Emeline michel, total ambiance productions, reine de coeur, youtube, entrevue, interview
16.10.2007
CPAM a interviewé Vallès Latry (NS)
A l'issue de 5 journées d'activités, Garoute Blanc, animateur de l'émission Magazine d'aujourd'hui sur CPAM, la station communautaire haitienne à de la métropole québécoise, a demandé à Nation soleil de donner son impression sur la troisième édition du Festival international du film haitien de Montréal tenue du 19 au 23 septembre dernier. Vallès Latry a également parlé de son blog, de ses motivations, de ses espoirs et du combat qu'il mène pour retrouver un standard de qualité dans la culture haitienne.
Ecouter cette entrevue en deux parties réalisée le lundi 24 septembre 2007.
Mettre le Jukebox sur pause pour pouvoir démarrer l'entrevue.
21:05 Publié dans Entrevues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Nationsoleil, CPAM, Garoute Blanc, Festival film haitien
28.09.2007
Une heure avec Tifane
«Mon plus beau défi c'est non seulement chanter, mais également chanter un style différent avec une voix inattendue»
De retour de son périple serbe qui l'a amené à représenter Haiti au Festival traditionnel de Nisville (Europe de l'Est) les 18 et 19 août 2007 , Tifane qui a chanté pour la première fois de sa carrière chanté en sol européen nous a courtoisement accordé une heure de son temps. Elle nous a raconté, avec une pointe de fierté, son séjour en Serbie, elle nous a parlé de ses goûts, ses préférences, ses projets…
La tournée en Serbie
Une belle réussite. Elle est fière et comblée d'avoir représenté aussi dignement Haiti à ce festival. Son bonheur est d'autant plus grand qu'elle a dû surmonter pas mal de difficultés pour accomplir ce haut fait, notamment l'absence de Fabrice Rouzier, remplacé au deuxième show par un jeune keyboardiste russe qui a vite apprivoisé la musique haïtienne, qu'il entendait d'ailleurs pour la première fois et de Kéké Bélizaire, remplacé haut la main par Feliz De La Cruz, talentueux guitariste qui joue généralement avec Bélo.
Déjà, les fans de Tifane peuvent visualiser un diaporama de cette tournée sur différents sites Internet haïtiens, mais également sur Tifaneonline.
L'artiste nous annonce également qu'elle prépare un dvd de sa tournée, le montage est en cours et le dvd sera diffusé dans les médias ainsi que sur son site personnel qui est d'ailleurs de bonne facture avec de belles photos de Tifane dans différentes poses. Les costumes de comtesse lui vont à merveille en passant.
Anprent
Lorsque j'ai voulu savoir comment se passait la vente de son album, elle m'a répondu:
- Entre le label et moi, les ventes se passent bien, mais je ne peux donner de précisions quant aux chiffres. Solèy sound System serait mieux placé pour te donner des détails. Bientôt les fans pourront commander leur cd directement sur le site, la mise en place du système est en cours.
Et les titres qui marchent maintenant sur les stations haïtiennes:
- W enève m passe à la radio quasiment tous les soirs (…)
(Dans cette pièce exécutée sur un rabòday avec Fabrice Rouzier au tombour, Tifane traduit la souffrance, l'état de dénuement et le mépris auxquels font face les enfants des rues qui, l'espace d'une chanson, crient leur colère face à l'attitude hautaine des mieux nantis. On y trouve une analogie avec une chanson de Beethova sur le même thème, Ti madichon)
- Il y a surtout avè w qui est devenu le nouveau Se kòm si en Haiti. C'était la chanson la plus difficile à chanter avant d'entrer en studio.
Les projets
Tifane sera à Montréal prochainement, mais pas pour des concerts: «Une association montréalaise travaillant dans le milieu haïtien m'a invité en tant qu'artiste confirmée à animer un atelier à l'intention de jeunes artistes en herbe. C'est un programme d'échange entre Haiti et le Canada.». La date du voyage de Tifane sera annoncée ultérieurement.
Elle nous explique par ailleurs qu'un concert en Martinique était également programmé pour début octobre, mais a dû être différé à cause du passage de la tempête tropicale Dean. Elle ajoute qu'Anprent marche très bien aux Antilles notamment grâce aux efforts d'Eric Virgal qui collabore à la promo de l'album.
Son prochain album
«Beethova dont je suis un grand fan m'a offert une chanson et je bénéficierai de la participation de Hans Peters (ex-Piwòg) sur cette pièce.»
Les fans pourront s'attendre «à plus de percussions sur cet album et aussi à plus de cordes. J'y introduirai davantage de rythmes traditionnels (…) Plus tard, j'ai en tête de travailler sur un projet entièrement acoustique/unplugged suite à mon prochain album, car je veux mettre l'accent sur les textes plutôt que sur la musique. J'aimerais aussi pouvoir mettre en valeur ma voix qui est un peu atypique dans le milieu haïtien. Les gens adoptent plus aisément les voix plus aigues comme celles de Mariah Carey ou de Céline Dion. Aussi, mon plus beau défi, c'est non seulement de chanter, mais également de chanter un style différent avec une voix inattendue.»
Son approche sur la conception d'un album
«Je ne conçois un album sans une variété de rythmes et de mélodies, pas nécessairement sur un thème précis, mais sans qu'il y ait de contradictions également entre les textes. Je pense à une liaison entre la voix, le style, les idées, à une connexion et dans cet état esprit que je veux aborder la préparation de mon prochain album.»
Merci Tifane!
Pour lui envoyer un commentaire tifane_s@yahoo.fr
Photo: Lenouvelliste
Propos recueillis par Vallès (NS) en août 2007
14:33 Publié dans Entrevues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tifane en serbie, entrevue nationsoleil

























