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03.11.2008
Diffusion de la musique haitienne
La diffusion de la musique dans l'espace haïtien est entièrement démocratisée. En effet, les stations de radio ou de télévision – ne compliquons pas la chose en incluant l'Internet – n'ont aucune obligation envers les auteurs, compositeurs ou interprètes de musique. Même ceux qui ont eu la présence d'esprit d'inscrire leurs œuvres dans des organismes comme la SACEM (France), SOCAN (Canada), ASCAP (USA) ne reçoivent aucune redevance de la part des diffuseurs.
Droits d'auteur et législation locale
En dépit de l'existence d'un certain nombre d'instruments législatifs tant locaux qu'internationaux tels le décret de 1968 sur la propriété littéraire et artistique, la Convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques de 1886 (révisée en 1979) et la Convention universelle sur le droit d'auteur révisée à Paris le 24 juillet 1971… les droits d'auteur, dans le domaine de la musique, restent une notion méconnue, du moins au sens pratique du terme.
Plusieurs initiatives ont été prises du côté de la société civile pour tenter de régulariser la situation, mais jusqu'ici les résultats sont plutôt maigres. On peut citer notamment la création de l'ANACIM (Association nationale des auteurs, compositeurs et interprètes de musique) vers la fin des années 80 à laquelle on peut associer entre autres les noms d'Ansy et Yole Dérose, Lionel Benjamin, Carole Demesmin, Raoul Denis Jr. Mais, tous les espoirs mis dans cet organisme sont partis en fumée avec le contexte d'instabilité instauré à partir du coup d'État de 1991.
Plus récemment, du côté de l’État, en dehors du travail de sensibilisation effectué par Wilhems Édouard, actuel directeur des Presses nationales, a été créé un bureau du droit d'auteur au sein du Ministère de la culture. Le travail de ce bureau dont M. Édouard fut le premier directeur est rendu difficile par un manque flagrant de ressources tant humaines que financières, mais aussi sans doute par le manque d'une vision claire du colossal enjeu que représente la protection des droits d'auteur dans un pays où l'anarchie est la règle.
Harmoniser les règles existantes, les refondre afin de les adapter aux réalités actuelles, réguler la diffusion et/ou l'utilisation des œuvres musicales… participeraient en effet d'un chambardement total d'un système confortablement établi et de pratiques s trop profondément enracinées dans les esprits.
Des quotas peut-être...
On ne verra pas de sitôt par exemple un CONATEL (Conseil national des télécommunications) imposer des quotas aux stations de radio quant à la diffusion de la musique locale versus la musique internationale, histoire de préserver les productions du terroir. Aussi, les pseudo-directeurs musicaux, là où ça existe, et plus généralement les animateurs / Djs ont les coudées franches pour occulter tout un pan de notre héritage culturel et favoriser, sans le savoir le plus souvent, des valeurs importées qui finissent par annihiler l'identité nationale. Les jeunes de moins de vingt ans, dans le meilleur des cas, ne savent rien du répertoire folklorique haïtien et de la musique traditionnelle. Pire encore, ils sont très peu, sinon pas du tout renseignés sur le compas pré-86. Les médias, censés susciter leur intérêt et contribuer à la vitalité de la chose artistique sont inscrits aux abonnés absents.
Nous, les acculturés...
Rappelons en revanche vers le milieu des années 80, à l'époque où Jacob Desvarieux, pour imposer le Zouk aux Antilles et déloger le compas qui régnait en maître, orchestrait une campagne contre le rythme-roi, les stations haïtiennes réalisaient régulièrement des émissions spéciales de 2-3 heures où elles jouaient exclusivement le groupe Kassav'. Aujourd'hui encore, il n'est pas rare que dans une émission de variétés caraïbes, la part consacrée aux productions locales soit nettement et indécemment inférieure à celle des autres genres musicaux, généralement d'origine étrangère. Notre petit côté d'acculturé qui nous joue encore des tours. Enfin...!
...Stratégie de diffusion
Au final, la diffusion de la musique en Haïti doit conjuguer avec une carence avérée de critiques non-partisanes, une absence de ligne directrice quant à la promotion de la musique, un manque flagrant de chroniqueurs avertis qui, non contents de soustraire aux artistes et auteurs une source de revenus, en l’occurrence les royalties auxquels ils auraient droit, monnayent dans bien des cas, dans trop de cas, leurs services.
Ajoutons à cela, une absence de stratégie de diffusion. Dans certains pays, un album sera diffusé extrait par extrait selon les consignes du producteur, comme du temps de Top Compas avec Giorgio sur les ondes de Radio Métropole, mais là c’était l’initiative d’un animateur. En Haiti, la règle demeure que les morceaux d'un album soient diffusés de façon anarchique au gré de l'animateur et selon la demande des fans. Les producteurs , aussi bien les musiciens n'interviennent pas et s’en remettent presqu’à la fatalité. Résultat, un bon album peut être mal connu, mal exploité, certains durent sur les ondes l'espace d'un cillement. Les musiciens, pour garder une présence sur les ondes, étaient obligés, à une autre époque de produire au plus vite….sans jamais prendre le temps d'innover. Aujourd’hui, la réalité est bien différente, il n’est pas aisé de se trouver un producteur, mais le problème demeure entier.
À cela, faudrait-il ajouter l’utilisation abusive des œuvres musicales dans les films, dans les messages publicitaires tant des commerces que des médias eux-mêmes ou encore dans les prestations publiques de groupes ou d'artistes qui n'ont jamais obtenu le droit d'utiliser ces œuvres.
L'ironie là-dedans, c'est que tout le monde se fait de l'argent, sauf le créateur ou l'intreprète.
Vallès Latry
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21:47 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique haitienne, hmi, mizik ayiti, konpa, diffusion de la musique haitienne


























Commentaires
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Something interesting, I have a boat named SKANDAL to remember this Group.
Sorry but I do not speak french, but I can translate.
Thank you so much.
Ecrit par : GUSTAVO TOLEDO | 13.12.2008
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