Animateurs, une nouvelle race sur les ondes

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Bélo à Montréal | Salle Télus | 17 avril 2010

Bélo | Pa ri nan

malè m | Montréal

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Emeline Michel - Hope For Haiti Now (Many Rivers To Cross)Emeline Michel | Many rivers to cross

Hope for Haiti

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Carole Demesmin - Pitit kayCarole Demesmin | Pitit kay

En concert à Montréal

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  Koralen - DjoumanJean-Claude Martineau «Koralen» | Djouman

Représentation à Montréal

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 Zekle - Si ou vleZèklè | Se ou menm

À montréal | septembre 2009

Média | Opinion 19 mai 2010

 

Haïti - l'émergence d'une nouvelle race d'animateurs

 

À l'heure des technologies de l’information et de la communication, l'animateur de radio* n'est plus ce personnage mystique, omnipotent qui envahissait nos vies par sa simple voix. Cet individu-je-sais-tout, toujours au fait de la moindre info et que l’on se plaisait à imaginer dans sa cage en verre dispensant à qui voulait l'entendre ces quatre vérités dont lui seul était détenteur, a longtemps fui nos ondes laissant ça et là des vestiges à peine perceptibles. Aujourd'hui, l'animateur n'a plus tout à fait l'exclusivité de l’info, souvent même il se fait doubler par les petits futés du Net qui lui livrent une concurrence sans merci.
 
Résultat, aucun chroniqueur culturel, tous médias confondus, n’a la crédibilité ni la popularité suffisante pour prétendre être «La voix» la plus écoutée, «la plume» la plus lue et dont les chroniques ou éditoriaux sont anticipés avec une fébrilité peu commune ou qui sont repris par les autres frères, cons ou pas cons. Une information fragmentaire, tronquée, rarement soupesée, qui flirte indécemment avec le potin, est tout ce dont le public aura finalement hérité.

L’attribution anarchique des fréquences radio et télé de laquelle résulte une grande diversification des médias, en est le principal responsable. Nos ondes sont le théâtre d’une vaste mascarade qui met en scène des individus de tous poils et de tout acabit. Le manque de formation de nos animateurs, pas seulement académique – ça n’a jamais été un critère de sélection en Haïti -  mais ce flair journalistique, cette sensibilité artistique, cette soif d’apprendre et de découvrir qui motivent l’animateur normal à creuser davantage et qui donnent au moins l’illusion au public que ce gars-là – ce métier reste très masculin en Haïti - en sait toujours plus que les autres,  reste l’élément cardinal de ce déficit de qualité. Ne parlons pas de modèles forts qui inspirent des passions et des vocations, car la formule table rase fait des merveilles dans ce milieu. Exit les Rico Mazarin, Master Dji, Bob Lemoine, Félix Lamy, Joe Damas de ce monde. Un jour nouveau s’est levé sur Haïti, adieu héritage, on ne veut que du neuf, match la ka rid!

Aussi, pour toutes ces raisons et tant d’autres que nous n’évoquerons pas ici, on évitera surtout de parler de copinage, de clans, d’éloquence – j’ai rien dit - l’information reste et demeure fragmentaire. Et avec elle, l’aura, le prestige auxquels l’animateur aurait droit. Conséquence, celui-ci en oublie jusqu’à sa raison d’être, occupé qu’il est à faire son autopromotion au détriment de celui ou celle qu’il est censé mettre en évidence.

Récemment, Roro, le batteur de Djakout Mizik, dénonçait cette tendance de plus en plus courante chez l’animateur de monopoliser le micro lors d’une entrevue et de laisser aux artistes très peu d’espace pour se faire valoir. Il se rebellait à juste titre contre le fait que la présence des artistes en ondes ne servait qu’à mousser la popularité de l’animateur et à lui permettre de soigner son image.

Une tare de plus et ça ne change rien à la donne. Et vu qu’en Haïti les notions de cote d’écoute, de parts de marché sont inconnues et que la seule règle connue, c’est qu’il n’y pas de règle, eh bien, les animateurs ont le beau jeu.

Au final, le constat est assommant, il n’y a quasiment plus de leader dans le domaine du journalisme culturel au pays comme en diaspora. Tout le monde se retrouve sur le même pied d’égalité avec une tête qui dépasse ça et là. La vieille garde incapable de se réinventer a abdiqué et s’est laissée emporter par ce tsunami duquel a résulté un nivellement flagrant par le bas. Un pan de plus de notre héritage culturel vient de tomber et le dechoukaj a de beaux jours devant lui.


Vallès Latry

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* Dans la présente note, l’animateur désigne le titulaire d’une émission de musique populaire haïtienne et dans certains cas un chroniqueur qui intervient dans une émission de variétés.                    



ESPACE MULTIMÉDIA

 PHOTOS

 

Bélo à Montréal | Salle Télus | 17 avril 2010

Bélo, Vox Sambou & Wesli

Montréal | 17 avril 2010

 

Carole & Koralen à Montréal | 12 déc. 09

Mizik Mizik & Zèklè | sept. 09 à Montréal

Manno Charlemagne | Juillet 09 | Montréal 

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